Les fringues et moi

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Pour celles et ceux qui sont atteint de shopping-mania, la tendance est aux achats compulsifs… mais pourquoi l’approche des soldes et des promos nous rend automatiquement hystériques ?
A défaut de solutions, je vous livre quelques confidences…

Je viens de saisir un truc : je suis raide dingue de fringues. Ce constat a tintinnabulé en moi, lorsque je me suis vue capable de poser des lapins au reste du monde
(banquier, copine, dentiste), dans l’unique but de ne pas louper la dernière robe mise en avant sur shoppingparticipatif ou sur zalando.
Jétais donc en très fâcheuse posture. Impuissante face à cette première constatation, je me suis également rendue compte que traînailler au saut du lit pour choisir ma tenue journalière était devenue une de mes activités favorites, et ralentir le pas devant les vitrines Mango, H&M;, Zara, ma façon à moi de me dépenser. Incapable néanmoins de claquer 150 euros dans un vêtement, je préfère acheter à profusion, frappée par ce maudit syndrome du j’ai rien à me mettre, bien que dans mes rares moments de clairvoyance, je réalise bien que mon placard déborde, et que les fringues de mon copain sont quasiment reléguées aux boîtes à chaussures.

Comment ais-je pu en arriver là ?

Je n’appartiens pourtant à aucune tribu particulière, le style gothique baroque ou hip hop clinquant prêtant à mes yeux plutôt à sourire. Seulement je trouve mon bonheur partout, par petites touches, arpentant les rayons Pimkie et Jenifer autant que ceux d’Etam. Je suis donc, que je le veuille ou pas, une victime de la mode, certes, mais une victime de la mode refoulée qui préfère piocher dans toutes les panoplies à défaut davoir la sienne propre. Car le must have actuel c’est encore de customiser ses tenues et de les personnaliser en les détournant à son compte. Un vague tour d’horizon me permet de me déculpabiliser un tant soi peu, en me rendant compte que mes incartades vestimentaires sont loin dêtre isolées. Avec une avidité maladive, toutes mes amies se sont précipitées, à lapproche de leur rentrée, faire du shopping, comme si sans ce pull angora quelles avaient aperçu, ou ces chaussures salomés si élégantes, elles ne pouvaient dorénavant plus espérer être elles-mêmes et attaquer cette nouvelle année prometteuse du bon pied.

Un geste pas si anodin…

Sommes nous si futiles et frivoles au point de courir les magasins alors que notre portefeuille, lui, n’y consent pas ? Certainement. Repérer un vêtement, le toucher, le soupeser, avant de finir par se l’offrir, c’est cependant tout autant une preuve de légèreté quun acte signifiant. Car ce geste, si dérisoire soit-il, est investi dune grande mission : nous réconcilier avec nous-mêmes, ce qui nest pas une mince affaire. Ce vêtement, à portée de notre main alors quil a déjà conquit notre cœur, est une promesse pleine despoir, un bon samaritain capable à lui seul de changer notre humeur du jour, nous rendant plus belle, plus épanouie et par là même, plus intéressante. Seulement ce bref instant deuphorie régénérateur achevé, notre nouvelle trouvaille néchappera pas à la règle de banalisation qui émane de notre garde-robe toute entière, allant donc séchouer dans notre commode, débordante de fringues, pourtant jadis tant convoitées, mais déjà malheureusement trop empreintes de nous. Engoncée dans ce système là comme dans un corset, il est difficile de résister aux alléchantes vitrines, renouvelées chaque semaine. Quant aux prix, ils se succèdent en un ping-pong rondement mené, alternant soldes et promos chocs, nous persuadant ainsi quà chaque instant, il est l’heure de foncer. Sur ce, de nouvelles aventures vestimentaires m’attendent, car si de nos jours le ridicule ne tue plus, ce n’est pas le cas lorsqu’on est un gros has been.

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